Détours à Istanbul : rapport d’étonnement des urbanités turques

Il y a presque un mois (déjà !), je me baladais dans les rues d’Istanbul, capitale économique et culturelle de la Turquie. Déformation professionnelle oblige, l’urbaniste a rapidement pris le pas sur la touriste que j’étais, pour mieux observer la richesse des urbanités stambouliotes. Mobilier de jardin improvisé à foison dans l’espace public, organisation logistique qui sent bon l’huile de coude, ou encore sens aigu de la street food, autant de particularités qui méritent qu’on s’attarde sur les mécanismes de cette ville à cheval entre Occident et Orient.

Réenchanter l'espace public en toute simplicité avec ces sublimes cabines téléphoniques en forme de dauphins.

Réenchanter l’espace public en toute simplicité avec ces sublimes cabines téléphoniques en forme de dauphins.

Au royaume de la cuisine de rue…

A Istanbul, la street food est une institution : pas un guide ne fera l’impasse sur les vendeurs de simit, avec leur petit stand vitré typique que l’on retrouve dans toutes les grandes rues de la ville. Ces vitrines accueillent parfois d’autres mets pour notre plus grand plaisir : marrons chauds, pop corn, voire même riz fumant aux épices.

Mais c’est sans compter tous les autres étals, plus ou moins bricolés, qui peuplent et parfument les rues stambouliotes. Des discrets vendeurs de moules farcies aux véritables ateliers de balik ekmek (le traditionnel sandwich au poisson), la street food stambouliote étonne par sa variété et son aisance à s’intégrer dans les rues populeuses de la ville.

Jeune vendeur de moules farcies sur un stand des plus nomades.

Jeune vendeur de moules farcies sur un stand des plus nomades.

… Et du mobilier urbain DIY

Les stambouliotes excellent également dans la manière de s’approprier la rue pour en faire une terrasse improvisée où tuer le temps (et boire un thé entre amis ou l’épais café turc). Mobilier bigarré, bricolé et forcément inventif, ce mobilier de bric et de broc compense l’absence de véritable mobilier urbain donne à regarder la rue autrement… On aurait presque envie de s’y arrêter pour se poser un instant et observer le balai des passants.

Ho hisse, le dernier kilomètre !

L’inventivité des turcs ne s’arrêtent pas au mobilier de jardin. Leur créativité pour faciliter le quotidien se retrouve aussi dans la logistique quotidienne ; ils ont ainsi résolu depuis longtemps le problème logistique du dernier kilomètre. Le chariot est de rigueur partout, pour tout, même dans les côtes (et des côtés, il y en a plein la ville !).

Autre problématique, autre solution futée : vous habitez au 5ème étage et vous avez la flemme de descendre juste pour acheter une baguette ? Un panier, une corde, un commerçant complice et un peu d’huile de coude, et les turcs réinventent la livraison à domicile. L’invention, observée à plusieurs reprises, répond intelligemment à l’absence d’ascenseur comme de livraison à domicile.

Street art : beautés et colères urbaines

Côté street art, la ville se défend plutôt bien : les murs souvent dégradés de la ville accueillent des créations colorées, performances artistiques d’anonymes ou d’illustres de passage.

Mais les graffs rageurs ne sont pas absents. Au coin d’une rue moins passante ou d’un pan de mur délaissé, il n’est pas rare d’observer des tentatives de blaze, affirmations à la police niktamere et autres refus de la société capitaliste. Des vrais thugs ces stambouliotes.

Et la mobilité festive dans tout ça ?

Même en vacances, mon sujet de prédilection a trouvé la plus belle des manières de se manifester. A l’occasion de l’Aïd (Bayram en Turquie), le funiculaire historique de la rue Istiklal s’est vu agrémenté d’un wagon supplémentaire, véritable scène de concert roulante animant l’artère (et attirant les foules au terminus). Forcément, on adore !

Vidéo à venir !

Vidéo à venir !

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