Très cher métro japonais

Parisien, lyonnais ou encore lillois vous vous plaignez du coût d’un abonnement ou d’un ticket de métro ? Un tour dans le métro japonais vous suffira peut-être pour vous dire qu’après tout, on n’est pas si mal lotis.

Si les systèmes de paiement diffèrent selon le réseau, une caractéristique reste présente quel que soit la ville : le prix d’un trajet dépend du nombre d’arrêts jusqu’à votre destination… Autant dire que la note peut vite être salée si vous emprunter le métro pour visiter la ville en large et en travers (oui parce que sinon pour deux arrêts, il y a la marche à pied… Non?) !

Tokyo : une ligne, un billet

Le réseau très fourni de Tokyo a été développé progressivement dans la première moitié du 20ème siècle, et reste géré par différents exploitants. On passe ainsi de la Yamanote line de la compagnie nationale Japan Railways (boucle très utile qui relie plusieurs centres névralgiques de la mégalopole) aux multiples lignes de Tokyo Metro, société possédant la majorité des lignes du réseau tokyoïte, sans oublier les quelques lignes bien utiles de la compagnie Toei (contraction de Tōkyō-to Kōtsū-kyoku, soit « Bureau des transports de la métropole de Tokyo »).

Ce bel imbroglio d’opérateurs s’est néanmoins entendu pour rendre le passage d’un réseau à un autre le plus fluide possible : on peut obtenir aisément une carte à puce rechargeable (chaque compagnie en propose une avec des avantages bien particuliers, mais toutes donnent accès à l’entièreté du réseau), et dont le passage à chaque borne déduit automatiquement le prix du trajet. Paiement qui a lieu… à chaque fois que l’on change de ligne ! Dans le cas de l’achat d’un ticket, celui-ci ne donnerait donc pas accès à la totalité du réseau, mais seulement à une certaine distance de ligne selon le prix payé. Si votre trajet nécessite d’emprunter 3 lignes différentes, il faudra ainsi payer à 3 reprises… A ce rythme, on a tôt fait de dépasser les 2000 yens de budget pour une journée intense de visite (soit plus de 13,5€) ! On est bien loin du billet à 1,70€ du métro parisien qui donne accès à l’ensemble du réseau sans limite de distance…

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Passmomo, Passmomo, en 5 minutes, une carte personnelle et rechargeable pour voyager partout plus facilement dans Tokyo !

On se console tout de même avec un réseau dans un état de propreté impeccable, entièrement climatisé (indispensable pour survivre à la touffeur de l’été japonais) et pourvu de toilettes gratuites et de commerces dans les stations plus importantes. Une qualité de l’offre de services qui rend bien plus supportable le montant de trajets successifs en métro (dont l’étendue du réseau est au demeurant bien plus importante que celle du réseau parisien).

Suica, la carte magnétique multi-réseaux (et bien plus encore)

Vous avez toujours rêvé que votre pass Navigo fonctionne aussi à Lyon ou à Rennes ? Au Japon, ce système intégré est bien une réalité, et la carte Suica en est son plus bel exemple. Lancée en 2001 par Japan Rail, la Suica (acronyme de Super Urban Intelligent Card) est une carte prépayée facilitant les déplacements sur le réseau ferré de Tokyo (comme expliqué dans la partie précédente), l’ensemble du réseau JR East et dans les régions de Sendai et Niigata. Mais la carte est également compatible sur les réseaux ferrés des autres grandes villes japonaises : Osaka, Nagoya, Kobe, Kyoto… Elle est même utilisable depuis peu sur le réseau de bus de cette dernière.

Ha le charme des publicités japonaises…

Mais l’usage de la Suica s’étend bien au-delà de la simple validation dans les transports. Fonctionnant comme un véritable portefeuille électronique, elle permet de payer aux distributeurs automatiques, mais aussi dans de nombreux konbinis, restaurants, et même chez Amazon et Nintendo (les consoles Wii U étant équipées du NFC) !

Ici une petite vidéo qui condense les multiples usages de la Suica :

Utilisée par plus de 42 millions de personnes dans l’archipel, cette carte est un véritable couteau suisse aux usages multiples et évolutifs, facilitatrice de mobilité et adjuvant très pratique dans sa consommation quotidienne. Un indispensable de la vie citadine japonaise !

Nagoya ou Osaka : the farer, the more expensive

Toutes les villes ne possèdent des réseaux aussi complexes que celui de Tokyo. A Nagoya et Osaka par exemple, un seul opérateur gère la totalité des lignes de métro. La tarification se fait encore une fois en fonction de la distance parcourue au sein du réseau (et ce quel que soit le nombre de lignes empruntés au cour du trajet).

Si on observe la carte du réseau de Nagoya, visible ci-dessous, le prix du ticket peut varier de 200 yens (1,3€), à 290yens (soit quasiment 2euros) pour les destinations les plus éloignées par rapport à notre point de départ (sachant que celui-ci est assez central dans notre cas, le prix pouvant ainsi être bien plus important si l’on part d’une des extrémités du réseau). Et il faudra s’en acquitter d’autant pour revenir. Si le système est simplifié, il n’en reste pas moins onéreux.

On privilégiera donc encore une fois les déplacements de courte distance, ou au mieux ceux permettant de s’affranchir de ce moyen de transport : on comprend mieux le recours extensif au vélo dans les villes japonaises…

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